•   Je constate souvent que de nos jours, où les moyens de communication ont décuplé, la communication entre personnes, et notamment entre jeunes et parents était de moins en moins bonne.
        Je voulais donc écrire sur cette communication. Mais j’ai pensé à un article d’un jeune qui écrivait il y a une quinzaine d'années, sur Tchatcheblog, qui m’avait paru très pertinent et que j’avais conservé et qu’à l'époque il m’avait autorisé à citer.
        Le jeune auteur constate sa solitude et celle des autres; il a initialement tendance à dire qu’il n’est ni compris, ni aidé, puis découvre que pour communiquer il faut être deux :

        “Je n'avais d'ailleurs pas totalement tort... J'étais seul... En revanche, ce dont je ne me rendais pas compte, c'est que cette solitude, c'est moi qui la créais et qui l'entretenais... Oui parfaitement, c'est moi qui tournais le dos au monde...
        J’avais à mes cotés des personnes qui ne m'aidaient pas...
    Mais comment auraient-elles pu le faire alors que je refusais qu'elles m'approchent?
        J'avais à mes cotés des personnes qui ne me soutenaient pas...
    Mais pourquoi l'auraient-elles fait alors que je les envoyais balader?
        J'avais à mes cotés des personnes qui ne me regardaient pas...
    Mais pourquoi l'auraient-elles fait alors que je détournais le regard?
        J'avais à mes cotés des personnes qui ne remarquaient pas que je me sentais seul...Mais comment auraient-elles pu le remarquer alors que c'est moi même qui dissimulais volontairement ce que je ressentais.
        J'avais des personnes qui n’étaient pas à mes cotés ...
    Mais comment auraient-elles pu l'être alors que je les écartais très soigneusement de mon passage et ce, en les décourageant de revenir à la charge?

        Une des raison pour laquelle j'ai eu tant de mal à me retourner est cette peur... De soi... Mais en fait, surtout des autres... Plus précisément de ce que pensent les gens que j'aime...
        La peur de décevoir... On croit savoir qui et comment on peut décevoir. Des fois on se trompe, des fois non... Quand on pense décevoir, alors qu'on est victime par exemple, il y a environ 99 % de chance qu'on ne déçoivent pas si la personne en face est sensée... Je parle pour tout ce qui est grave et dont on a si peur de parler (ou pas envie d'ailleurs).....
        La peur que j'avais de décevoir, la peur que j'avais de moi, sous prétexte que je me sentais pas assez « bien » par rapport aux autres, était infondée...”

        Cette analyse me parait extrèmement pertinente et lucide.

        D’abord il faut être deux pour parler et chacun doit faire un pas vers l’autre.
        Quand vous jeunes vous souffrez, vous reprochez à vos parents d’être indifférents à votre peine, mais vous n’avez rien fait pour la signaler ou du moins pas d’explication claire, sans ambiguité, et cela mène parfois à des solutions extrèmes : scarification, drogue, tentative de suicide.
        Il faut trouver un moyen d’avertir avant d’en arriver là.

        Vaincre cette peur de décevoir, d’être mal jugés par ceux qu’on aime. Et pourtant !
        Mais il faut aussi que les adultes soient à l’écoute, qu’ils vous écoutent, en essayant d’analyser objectivement, de comprendre, et surtout de ne pas vous juger !

        Je m’en rends bien compte, car ceux qui s’adressent à moi ne m’ont pas réellement en face d’eux; je leur dis qui je suis, mais eux restent sous le couvert de l’anonymat.
        Ils voient que je les écoute et que je ne les juge jamais. On parle de leurs problèmes, mais aussi de certains des miens, notamment quand j’étais jeune, pour que la confidence ne soit pas à sens unique, qu’il y ait dialogue.    
        On parle de notre vie de tous les jours, de l’avenir, de ce qu’on voudrait qu’il soit.
        Cette peur de décevoir disparaît et une certaine amitié nait et fait que l’on a confiance l’un en l’autre, que l’on n’est plus seul, qu’un jeune peut s’appuyer sur l’adulte, mais aussi qu’il apporte à cet adulte des émotions et des joies, une connaissance d’une personnalité et de sa vie.

        On ne peut dialoguer qu’à deux et si chacun a confiance en l’autre.
        Ce n’est pas toujours possible, et j’ai malheureusement des exemples où la confiance entre parents et enfants a été totalement détruite. Il faudrait ne jamais en arriver là, mais on ne fait pas toujours ce qu’on voudrait !


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  •           J'ai fait plusieurs articles sur l'œil, la vue et l'interprétation des images visuelles par le cerveau. 
              J'ai pensé qu'il serait peut être intéressant de faire plusieurs articles sur l'ouïe et le rôle du cerveau dans la perception des sons, voire de la musique.
              De même que j'avais commencé par décrire l'œil, je vais commencer dans cet article par décrire l'oreille et essayer de décrire son fonctionnement.

              Vous voyez ci-dessous un schéma de notre oreille. 
              Le "pavillon" qui est la partie que l'on voit, le conduit auditif puis le tympan, cette membrane qui isole et protège l'oreille interne et vibre sous l'effet de la pression des sons. 

    Ce que l'on connait moins c'est l'oreille interne.

              Elle comporte une partie qui ne contribue pas à l'audition mais à l'équilibre de notre corps lorsque nous marchons, nous grimpons ou nous faisons des acrobaties : ce sont les canaux semi-circulaires.
              Ce sont trois “boucles” à angle droit, comme un trièdre trirectangle :l 'une est parallèle au sol, la deuxième est parallèle au côté de la tête et la troisième est parallèle au front ou au visage. Ces canaux sont responsables de la perception des mouvements de la tête dans trois dimensions.
              Chaque canal contient un liquide et des cils sensitifs reliés à des cellules réceptrices qui transmettent les informations au cervelet. Lors de l'inclinaison de la tête, le liquide exerce une pression sur les cils sensitifs des cellules réceptrices. Les cellules réceptrices transforment cette pression en impulsions nerveuses qui sont envoyés au cervelet  et celui ci a “appris” à contrôler notre équilibre à partir de ces signaux.

              Vous voyez aussi sur le schéma la trompe d'Eustache, canal qui aboutit dans le pharynx. A chacune de nos déglutitions, elle assure l'équilibre de pression entre l'oreille moyenne et l'extérieur, condition indispensable à la mobilité du tympan et donc la transmission des sons.
              nlèveSon obstruction par les "végétations" (des granulations qui sont un organe de l'immunité chez le jeune enfant et s'atrophient d'elles mêmes, mais tardent parfois à le faire) pourra être la source d'infections (le médecin e alors les végétations); les otites ou une obstruction lors d'un rhume diminuent les capacités auditives.
              En avion quand vous changez d'altitude, des différences de pressions se produisent et vous avez mal aux oreilles  C'est pour cela qu'on vous recommande de sucer un bonbon et de déglutir pour rétablir l'équilibre des pressions.

              Revenons au son et à l'audition.

              Le tympan vibre et transmet cette vibration à trois osselets, dont vous voyez le schéma ci-dessous (leurs noms servent souvent dans des mots-croisés IoI), qui vont transmettre les sons en les amplifiant d'un facteur d'environ 100 (40 décibels).
    Dans notre oreille, nous avons, un étrier, un marteau, une enclume et la cochlée          Le marteau est enchâssé dans le tympan en faisant corps avec lui au niveau de sa longue
    apophyse ; sa tête est articulée  avec l'enclume qui lui fait suite (osselet intermédiaire). La branche descendante de l'enclume est reliée à la tête de l'étrier qui va transmettre la vibration sonore à la cochlée.
              En outre des muscles relient ces osselets et  diminuent automatiquement le niveau de transmission lorsque la pression devient trop élevée, pour protéger dans une certaine mesure la cochlée.
              Ils filtrent aussi les bruits de fond graves pour faciliter l'audition et notamment la compréhension de la parole en ambiance sonore élevée.

              La cochlée est une cavité remplie de liquide, en forme de colimaçon, qui contient des cils vibratiles : une rangée de 3 500 cellules cillées "internes”  et  trois rangées de chacune 4 000 cellules cillées "externes” qui modulent la stimulation acoustique en changeant de longueur.
               Ces cellules font à la fois, une analyse de l'intensité des sons et surtout une analyse de fréquence, qui va permettre leur interprétation. 


                Sur la figure ci dessus vous voyez des courbes de réponse des cils en fonction de leur position dans la cochlée et vous voyez que chacun des cils vibratile a sa réponse propre avec un maximum de sensibilité pour une fréquence donnée.

               L'ensemble de la cochlée fait donc à la fois une analyse de l'intensité des sons et surtout une analyse de fréquence, qui va permettre leur interprétation.    
               Gros danger, quand les sons sont trop intenses (plus de 120 db, ce qui peut se produire près des bafles dans une boite de nuit ou avec les écouteurs d'un baladeur), les cils vibratiles cassent et ceci définitivement et l'audition devient défectueuse.
               Un ou 2 canaux ioniques par cil (de grosses protéines laissant passer les ions), s'ouvrent si la cellule est activée par un son de la fréquence appropriée et laissent entrer des ions Ca++ qui engendrent l'influx nerveux en moins d'une milliseconde 
               Il existe environ 30 000 fibres nerveuses dans chaque oreille. Ces fibres transmettent des signaux d'influx nerveux au tronc cérébral et au cortex auditif du cerveau.


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  • Un article que je vais publier bientôt sur mon blog. Il t"amusera peut être

    Nos peurs instinctives, on les appelle aussi quelquefois en psychologie, des phobies.

      Eh bien c'est bizarre mais les gens et les enfants que je connais n'ont pas peur des serpents.
        Mais bien sûr s'il en voient un qui ressemble à une vipère, ils restent prudemment à distance et viennent nous chercher et c'est ce qu'il faut faire.
        J'ai vu des vipères à cornes et des serpents à lunettes au Sahara et je restais à distance et je n'allais pas les exciter bêtement. D'ailleurs j'avais toujours du sérum dans la voiture , avec une seringue auto-injectante,car une piqure de cobra ne pardonne pas; si on n'intervient pas tout de suite, on meurt en quelques heures, le venin neurotoxique vous paralysant.
        Mais ce n'est pas une raison pour en avoir une peur panique !

        Par contre je connais beaucoup de gens qui ont une peur maladive des araignées et moi même je ne prendrais certainement pas une mygale dans les mains, même si on en avait enlevé les crochets venimeux.

        Et si j'aime bien les souris et les petits mulots, je connais des gens qiui paniquent à la vue, non pas d'un gros rat, mais d'une petite souris.

        Je me souviens quand j'étais gosse d'une grosse dame qui tournait en rond dans une petite cour cimentée avec un petit mulot qui lui courait derrière et comme elle était trop volumineuse pour que je me risque à essayer de l'arrêter dans sa course, j'avais choisi de marcher à son passage sur la queue de la musaraigne, ce qui évidemment l'a bloquée net.
        Je l'ai prise ensuite, toute tremblante la pauvre, pour aller la remettre dans l'herbe du jardin tandis que la dame hystérique criait “tue la surtout !!! “

        Et plus tard au temps où j'avais un laboratoire au Sahara, un technicien qui pesait bien
    120 kgs (il ressemblait à Obélix !) nous aidait.
        Un jour on était allé sur le terrain, on rentre au labo et on le voit monté sur une table, la figure décomposée. A ses pied, une petite gerboise de 50 grammes mangeait tranquillement un biscuit.  (ces gentilles bêtes sont des espèces de petites souris avec de grandes pattes et sautent comme des kangourous, mais adorent aussi le cuir des chaussures ! ).
        Il a fallu mettre la gerboise à la porte du laboratoire pour que mon technicien veuille bien descendre de sa table, et encore en regardant partout s'il n'y en avait pas une autre dans un coin !

        Je me souviens aussi que ma secrétaire n'aimait pas les hamsters qu'on élevait au labo. Et un jour de jeunes médecins se sont amusés à lui mettre la soir, dans le tiroir du haut de son bureau en bois, un jeune hamster gris.
        Le lendemain ils guettaient ses cris, mais tout restait muet.
        Ils sont venus voir et on a constaté que pendant la nuit le hamster avait mangé le fond du tiroir en bois, un grand trou dans deux paquets de papier blanc, re-fond de tiroir, deux revues et un roman, (sans les lire) et re-trou dans le fonds en bois du troisième tiroir du bas.
        Et enfin dehors, la liberté. On ne la jamais revu ce petit hamster!
        Mes médecins étaient déçus, bien fait pour eux !!

        Alors mes lectrices et lecteurs, de quoi avez vous peur ?


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  • Je discutais avec un jeune élève, dans un mail, des oraux du bac et des programmes de SVT actuels et de mon temps très ancien (de l'ordre de 75 ans) et j'ai parlé de dahu et on m'a demandé ce qu'était cette bête pourtant connue. Alors peut être que cette description vous intéressera.

              J’avoue être étonné. Le niveau du bac a nettement baissé : on ne vous explique plus ce qu’est un “dahu”.?  Quand j’étais jeune, à Pau dans les Pyrénées nous avions en 3ème des cours de zoologie et on nous apprenait les données suivantes :.

              Le “dahu” cela ressemble à un chamois ou à un isard et on en trouve, un peu dans les Pyrénées, et surtout dans les Alpes.
              C’est un animal qui vit exclusivement sur les pentes des montagnes et  que l’évolution darwinienne et la sélection naturelle des espèces, a adapté à cette vie.
              Je vous montre ci-dessous  deux planches anatomiques tirées d'un de mes anciens bouquins de zoologie.

    Un animal des montagnes, et principalement des Alpes.         Il a deux pattes plus courtes du coté de l’amont ce qui lui permet d’être beaucoup plus stable sur une pente abrupte qu’il peut parcourir aisément. Mais cela l’oblige à tourner toujours dans le même sens dans sa montagne préférée. Si ce sont les pattes gauches qui sont les plus courtes, il s’agit d’un “dahu lévogyre” .
             Il se déplace dans le sens trigonométrque au flanc de la montagne.

       

     Un animal des montagnes, et principalement des Alpes.       Si au contraire ce sont les pattes droites, c’est alors un “dahu dextrogyre” qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre.
           Ces deux espèces se sont conservées jusqu’à nos jours et ne se mélangent pas
           En effet un dahu dextrogyre et un dahu lévogyre, s’ils se rencontrent, peuvent facilement se faire des bisous, mais ne peuvent pas s’accoupler ou bien c’est si dangereux qu’en général, ils finissent tous deux au fond du précipice.

     

    Un animal des montagnes, et principalement des Alpes.    Les vieux montagnards qui conservent les traditions orales, prétendent cependant que deux espèces issues de croisement ont existé :
     Le dahu descentus frontalis :ses pattes arrières plus courtes que ses pattes avant lui valurent de disparaître dès le milieu du 18ème siècle. En effet, tournés vers l'aval, les dahus descentus frontalis se retrouvè-rent vite dans la vallée, et incapables de rester à l'horizontale, ils moururent ou furent tués par des chasseurs.

     

    Un animal des montagnes, et principalement des Alpes.

     

          Le dahu ascentus frontalis, qui avait les deux pattes avant plus courtes que les pattes arrières. Faute de place au sommet des montagnes, cette particularité a causé la disparition de cette espèce au milieu du 20ème siècle. 

     

     



               Le dahu est un animal “bio” car il se nourrit  exclusivement d'herbes, de plantes, de baies et de feuilles, et il boit exclusivement de l'eau des sources pures, de préférence non gazeuse, mais équilibrée en minéraux et riche en calcium ainsi qu'en oligo-éléments.

               Il paraît que la chasse au dahu est très excitante. Les chasseurs signalent entre eux la position des dahus, par exemple : "dahu à 15 minutes" (pour un dahu dextrogyre, qui tourne dans le sens des aiguilles d'une montre) et "dahu à Pi/2" (pour un dahu lévogyre qui tourne dans le sens trigonométrique). Pour le capturer, il faut lui faire rebrousser chemin et, déséquilibré par ses pattes plus courtes alors vers l'aval, il tombe, cul par dessus tête, en bas de la pente où on le capture.

              Quand j’étais petit, j’ai vu des dahus dans les Pyrénées, mais de très loin, car c’est un animal sauvage, et je n’avais pas de jumelles.

              Et si vous trouvez cela invraisemblable, allez voir sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dahu


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  •       J'ai eu il y a quelques années, et j'ai encore beaucoup de contacts avec des ados qui ont parfois des problèmes ou se posent des questions existentielles
          Certains se plaignent que leurs parents ne s’aperçoivent pas de leur âge et les surveillent comme s’ils étaient des enfants. D’autres au contraire, trouvent que leurs parents ne s'occupent guère d'eux et croient qu'ils les abandonnent. Quelques uns, pourtant d’un âge adulte, ne veulent pas quitter le giron des parents.

    Quand sortons nous du cocon familial ?

         Je ne crois pas que ce soit une question d’âge, mais plutôt d’état d’esprit, de moyens matériels et évidemment de l’éducation que l’on reçoit et enfin également, d'environnement, notamment familial et éducatif. Egalement des relations avec les camarades et amis.
        Je pense qu’on ne peut être vraiment indépendant que lorsqu’on est capable de mener sa vie seul, sans avoir ses parents derrière soi. Cela ne veut pas dire qu’on ne les aime plus et qu’on ne demande plus leur avis, mais qu’on est “responsable de sa destinée”.
         Il faut d’abord l’être matériellement et donc gagner sa vie, sinon on n’est pas responsable : on a une mentalité d’assisté !!!
        Ceci peut donc intervenir à un âge très différent selon les cas et notamment les études que l’on fait, et l'approche d'un métier, soumis de nos jours aux aléas du chômage..

        Encore faut il être capable de prendre des décisions et d’en assumer les conséquences.
         Cela demande d’analyser et de prévoir les événements, de définir ses actes et de tenir compte de leurs répercussions futures sur ce qui nous entoure et notamment sur les autres êtres humains : parents, ami(es), petit(e) ami(e), camarades.
         Les neurobiologistes nous disent que c’est le cerveau préfrontal qui nous permet de prévoir les conséquences de nos actes, et que ses centres ont besoin d’une certaine “expérience de la vie” pour se former et qu’il n’est vraiment mature , en général qu’entre 20 et 25 ans. Il y a donc une limite basse physiologique à notre sortie de l’adolescence et notre entrée dans la vie d’adulte.
          Mais il ne suffit pas d'avoir un cerveau, encore faut il l'entraîner. Si vos parents prennent toutes les décisions à votre place, si vous n'avez aucune initiative, si vous ne rencontrez pas de difficulté, si tout est programmé dans votre vie et que vous vous trouvez  isolé dans votre petit domaine, rien ne vous prédispose à vivre de façon autonome.

         La connaissance et l’acceptation des règles de la vie en société est aussi une condition impérative pour avoir notre indépendance.
         Certes les parents donnent en général à leurs enfants, des règles morales et de comporte-ment dans la vie . Mais je constate que certains d'entre eux oublient de donner une information et une expérience sur la vie réelle extérieure, qui peut être très différente du contexte familial. Pourtant c'est dans ce milieu extérieur que vous vivrez lorsque vous serez adulte et il vaut mieux y être confronté avant. Sinon vous risquez de découvrir ce milieu extérieur seul et sans préavis et aide, ce qui peut apporter de la part des autres des désagrément, voire pour certain la souffrance due à un certain harcèlement, si on vous prend pour souffre-douleur.
         Les conseils ne suffisent pas à cela. A parti d'un certain âge d stages dans des associations ou en entreprise peuvent être très bénéfiques pour appréhender le monde tel qu'il est.es 
         Il est certain que l’éducation que l’on a reçue et l’attitude des parents est une chose primordiale, pour faire cet apprentissage de la vie.
         Des parents qui couvent leur enfant et qui ne veulent pas se résigner à voir “l’oiseau s’envoler du nid” et à le laisser vivre sa vie sans décider tout à sa place, ne lui facilitent pas la tâche et risquent de l’étouffer ou de l’acculer dans l’égoîsme.    
          Mais à l’inverse, il ne me parait pas raisonnable de vous traiter dès le début de l’adolescence en adultes (que vous n’êtes pas) et de vous laisser la bride sur le cou, sans règles et sans surveillance et assistance.
        La transition doit être progressive.
        Dans l’entreprise où je travaillais, lorsqu’un jeune ingénieur arrivait, (22 à 25 ans), on désignait, outre son chef de service, un ingénieur “référent” qui était son “ange gardien”, chargé de l’aider, mais aussi de lui montrer les règles à suivre, les méthodes à utiliser, les erreurs à ne pas commettre.
         Votre référent à vous, ados, ce sont en général vos parents, aidés éventuellement des grands parents et dans certains cas, vos professeurs. .......
       
        Alors quelle peut être votre “liberté” à 15 ou 16 ans ? .
        Je ai peu de doléances de garçons; sont ils moins moins surveillés, s’accomodent ils mieux de cette surveillance, les parents considèrent ils que le monde est moins dangereux pour eux ? Je ne puis le dire.
        Je sais bien que les filles sont mures plus tôt que les garçons, c’est peut être pour cela qu’elles veulent décider de leur vie.
        Je remarque toutefois que paradoxalement, celles qui se plaignent le plus d’être brimées, sont celles auxquelles on passe tous leurs caprices, qui ont matériellement tout ce qu’elles désirent et auxquelles on laisse même une grande liberté de sortir.
        Cela ne m’a pas étonné, quand tous ses désirs sont satisfaits, le plaisir s’émousse et la moindre contrariété prend l’allure d’une brimade catastrophique.

        Je comprend que sur certains points vous souhaitiez participer aux décisions vous concernant : votre orientation scolaire, le choix de vos ami(e)s, les sports et activités qui vous intéressent, et que par ailleurs on ne vous traite plus comme un enfant, mais que l’on respecte votre “liberté d’opinion et d’expression” (mais encore faut ils que vous l'utilisiez et que vous disiez ce qui ne fonctionne pas comme vous le souhaiteriez).        
        Mais à l’inverse, vous n’avez pas encore l’expérience de la vie, et, sauf exception, vos parents sont à même de vous guider dans ces choix et de vous en montrer les avantages et les inconvénients avant que vous ne preniez en définitive une décision. D'ailleurs quand vous me consultez c’est ce que je me contente de faire : vous montrer certains aspects possibles de vos actes et vous m’écoutez en général avant de décider.
       
        Enfin et surtout, je trouve que beaucoup d’exemples que vous me citez sont puérils.
        Quand vous me parlez d’un conflit énorme pour le choix de la couleur d’une robe ou une différence d'une demi heure sur l’heure de rentrée d’une sortie (souvent à la limite des heures d’arrêt des transports en commun), je crois quand même que vous devriez réserver vos efforts d’obtention de votre liberté de choix, pour des causes qui en valent la peine.
        Etre adulte, c’est aussi faire la part des choses et réserver son énergie pour les actions qui aboutissent à un résultat important, à une satisfaction notable, à un choix déterminant pour le futur, sans la gaspiller pour des broutilles.
        En vous opposant à vos parents pour des futilités, vous les renforcez dans l’idée que vous êtes encore une enfant irresponsable.
         L'apprentissage pour être adulte, c'est l'apprentissage de la vie, certes des décisions de tous les jours mais surtout des décisions importantes d'avenir, et avant de les prendre, d'essayer de prévoir les conséquences des divers scénarios possibles. Ce n'est pas de tout repos, car il faut se forcer pour réfléchir ainsi, mais c'est à terme, la clé de l'indépendance.


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